• Adam comme époux

    Si on considère les fêtes de l’Eternel comme un cycle qui révèle l’image spirituelle du Christ dans les fêtes du printemps, alors celles d’automne renvoient à Son Epouse. Le premier cycle est celui des céréales, du grain qui meurt et du germe qui se répand pour la moisson, image de Jésus et de sa parole. Celles d’automne sont la fin du cycle avec les récoltes des agrumes de l’huile et du vin. Images spirituelles qui renvoient à l’arbre de vie et Israël comme la vigne de l’Eternel. Le Seigneur attend donc de Son Epouse une récolte au moins aussi abondante que fut celle du printemps. A nous de Lui démontrer qu’Il n’a pas semé en vain. Dans cet esprit je propose une réflexion de fond sur le sens biblique de l’époux et de l’épouse à méditer pendant les fêtes de l’Eternel.

    Adam comme époux

    Dans le livre de la Genèse, une double lecture est toujours possible. Dans la première le religieux prendra les choses au sens littéral, dans la seconde l’homme est élevé par le Verbe pour qu’il en relève le sens spirituel et devienne un fils de Dieu. Restons dans le littéral dans un premier temps, pour comprendre comment Dieu dans la Genèse exprime le geste créatif. Par une succession de séparations, Dieu va parvenir jusqu’à l’homme qui va être lui-même être séparé. La lumière est séparée des ténèbres, les eaux avec les eaux, les eaux avec la terre et finalement de la terre est formé l’homme. « Puis Dieu forma l’homme, poussière détachée de la terre… » (Gen. 2, 7). En hébreu on dira : de l’Adamah est formé l’Adam, le glèbeux ou le poussiéreux qui est séparé de la terre.

    La source biblique, indépendamment de la création primordiale, dévoile alors une nouvelle création dans la création, celle de l’homme: Gen 1 : 27 «Dieu créa l’homme à son image; c’est à l’image de Dieu qu’il le créa, mâle et femelle Il les créa eux ». Le fond lexical hébreu révèle dans les textes ce que forme l’Eternel dans l’homme, « Son image ». La traduction française ne rend pas compte d’une différence notoire apparaissant dans les versets où Dieu « forme » l’Adam. Deux Yod יִּי apparaissent dans le mot «forma» (vayitzer) du verset de Gen 2 : 7 et un seul yod en Gen 2 : 19 : « L’Éternel-Dieu forma… tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel ». Le yod est le plus petit diminutif pour le nom de Dieu Yah, en ajoutant un yod dans le mot forma pour l’Adam, l’auteur souligne que Dieu dans son principe est formé dans l’homme (Adam). Mais l’homme dont il est fait mention ici, est à considérer comme un individu particulier que Dieu intègre dans le genre humain. Et dans cet individu particulier issu de la terre où l’image de Dieu se créée, Dieu va former un reflet de Lui-même comme une signature qui se révèlera dans le genre masculin et féminin des enfants de Dieu.

    L’Adam dans son genre divin est formé pour être séparé encore une fois entre ses deux yods. Lorsque Dieu dit en Genèse 1.26 : « Faisons l'homme à notre image », le terme hébreu pour notre image est " tselem ". " Tselem " a la même racine que " tsêla " le côté ou le flanc et non la côte comme organe. Ainsi, l'homme créé à l'image de Dieu est en quelque sorte l'un de ses côtés, ou extrait de Dieu, tout comme la femme, « construite ( Vayiven > va' Y ben) » de l'homme, est à son image puisqu'elle lui est semblable dans son genre humain. L’homme extrait de Dieu apparaît alors comme un fils de Dieu issu de Son Esprit car il vit grâce à Son souffle. L’Esprit trouve donc une expression visible dans l’homme qui représente Son image terrestre. Mais c’est grâce à l’épouse que le geste créatif dans l’homme est le plus facile à comprendre en hébreu : 22 « Vayiven HASHEM Elokim et-hatzela asher-lakach min-ha'Adam le'ishah vayevi'eha el-ha'Adam ». Vayiven ( Il construit ), renvoie au verbe banoh qui par le yod qui le précède forme le fils divin ben.  Dans le fils divin construit à l’image du Père, la création s’achève quand on bâtit son féminin en épouse (Ishah), d’où si on extrait le hé de son féminin il reste le feu, esh. Ishah dans son essence est destinée à recevoir le feu du yod dans le côté féminin de l’image de Dieu formé dans l’homme.  Vehayu levasar echad, ils deviendront une seule chair, ou dit autrement, les deux chairs unies forment l’UN. Ce qui renvoie à ce fondement essentiel: Sh'ma Yis'ra'eil Adonai Eloheinu Adonai echad. Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est un.

    On retrouve donc dans le processus créatif de l’homme, une unité dans la dualité qui se traduit par les couples Dieu-homme, puis homme-femme. Dieu explique à l’homme ce qu’Il a fait en lui donnant la femme. L’homme dans lequel j’ai mis mon Esprit est mon image terrestre, car ce qui est esprit reste esprit. Tout comme la femme qui est issue de l’homme est à son image, mais d’un genre différent. Le fils de Dieu est par sa nature un genre de Dieu, comme le féminin par son genre est représenté par la femme, qui elle-même est apparentée au genre humain. Ce schéma initial se projette alors à travers toute la Bible pour révéler comment le plan divin se développe dans la création de l’homme, l’Adam de la Genèse n’étant que le premier d’une génération qui a vocation à se répandre sur la terre entière, pour à la fin la dominer totalement. C’est pourquoi génération après génération, le même processus se reproduit.

    Tout ceci ne prend sens, que lorsque dans le genre humain le yod se forme par le souffle de vie de Dieu, Son Esprit Saint. Puis que de cet homme se forme une Épouse à son image, c’est-à-dire portant le même souffle et qui lui donnera un fils. Dans l’union libre ou les familles monoparentales, l'homme isolé et la femme seule, ne sont pas à l'image de Dieu. C'est dans la reconstitution de leur unité par le lien du mariage, et par la fidélité assurant une permanence à cette unité, qu'un homme et une femme reviennent à l'image initiale de Dieu. De ce fait, l'union de deux hommes ou de deux femmes, incapables de procréer, ne peut refléter l'image de Dieu et l’homosexualité est même vu comme une abomination. Car le divin ne se révèle dans la création que lorsque l’union de l’homme et de la femme par le mariage donne un fils légitime au couple. Dans le fils se retrouve réuni tout ce qui fut séparé au paravent. Le fils représente alors l’image de l’UN.

    Genèse 2 : 24  « C’est pourquoi l’époux quittera son père et sa mère, et s’attachera à son épouse, et ils deviendront une seule chair. » L’époux ici devient le fils de l’homme, l’Adam du verset précédent. L’ish fils de l’homme est destiné à devenir père en formant l’UN avec son Ishah. Nous retrouvons l’unité primordiale de l’Esprit de Dieu qui se mouvait au-dessus des eaux avant que le geste créatif ne sépare tout jusqu’à l’Ishah. La lumière se sépare des ténèbres, puis les eaux sont séparées, la terre des eaux, l’homme de la terre, la femme de l’homme. Puis une nouvelle alliance entre l’ish [איש] et l’ishah [אשה], reforme le Père comme Esprit Saint quand on extrait le yod du Feu du genre masculin et le hé du feu du genre féminin pour former le YaH [יה] de Dieu. Ainsi la fin du geste créatif renvoie directement à son commencement. Mais la nouvelle alliance pour former YaH, n’est possible que par l’action de l’Esprit  Esh (אש feu). C’est ce qu’on retrouve initialement dans le premier mot de la Bible, Bereshit. Dans ce premier mot בראשית, un message nous est laissé, car au cœur du mot se trouve 2 lettres : אש (aleph-shin) qui se lisent esh – le feu, les 4 lettres restantes :  ברית forment berith.  בריתאש  – berith esh devient alors, l’alliance de feu. Or cette alliance c’est précisément ce que Dieu fait dans l’homme créé à Son image, Il fait alliance avec sa création. C’est le sens de la Nouvelle Alliance dans le Fils par Ye shoua. Un sacrifice parfaitement consumé par un feu parfait pour former une Épouse parfaite. Cette alliance parfaite dans le feu de Yah est également reprise dans le Cantique des cantiques comme un amour parfait. Can 8 : 6  " Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, Comme un sceau sur ton bras ; Car l’amour est fort comme la mort, La jalousie est inflexible comme le séjour des morts ; Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, Une flamme de Yah". L’amour qui se construit dans un couple révèle celui de Dieu pour son peuple, son Epouse.

    C’est dans cet esprit que se développe Matthieu 16:13 Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? 14 Ils répondirent : Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Elie ; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes. 15 Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? 16 Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. 17 Jésus, reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. 18 Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. 19 Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. 20 Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ ». Après tout ce que vous venez de lire, reprenez le texte, mais en hébreu : « Tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise.

    « Bâtir » se dit « banah » en hébreu, d’où l’on tire « eben », « la pierre » et « ben », « le fils », puisque « banah » est également utilisé quand une femme veut se «bâtir» une postérité au travers d’une autre femme. Par Yeshoua, le fils de l’Adam (ben), le Verbe divin révèle comment Dieu le Père « bâtit » une Epouse à son Fils le nouvel Adam. « Car tu es Pierre (eben) et sur cette pierre (eben) je bâtirai (banah) mon Église (Épouse) ». Quand l’Esprit Saint pénètre l’Epouse et lui révèle qui est le fils (ben) et son Epoux, alors sur cette pierre (eben), la révélation par le Saint Esprit, l’Epoux bâtira (banah) son Eglise et Épouse. L’Eternel a donc donné à son Fils une Épouse spirituelle qu’Il a bâti (banah) par génération successive comme ses enfants (ben) qui sont autant de pierres (eben), assemblant l’édifice (banah) qui est le temple du Dieu vivant. C’est pour cela qu’il est écrit de l’assemblée des fils de Dieu, Ap 21:2 « Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux. 3 Et j’entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux ». C’est la forme aboutie spirituellement de la création. Genèse 2 : 22 ‘Yahvé Elohim construit le côté qu’il a pris d’Adam pour épouse, (femme) et Il la fait venir vers l’Adam’. Une idée forte se dégage de la création de l’épouse, c’est l’association d’idée entre bâtir le féminin d’Adam et construire parallèlement dans le ciel l’Epouse, la Jérusalem céleste, la grande montagne de Dieu. Le terme bâtir, choisit par le Seigneur pour la création d’Eve nous enseigne sur la destination de sa descendance, sa semence, c’est la Jérusalem céleste, la montagne de l’assemblée des fils de Dieu.

    Du Bereshit de la Genèse, au dernier verset de l’Apocalypse, l’Eternel explique le sens d’une création qui s’articule autour du mystère exprimé en Ephésiens 5 : 31 «  C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. 32  Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise ». Le mystère est révélé dans le fils qui forme une nouvelle alliance dans le Verbe, car le fils légitime de Dieu ne peut être issu que du Verbe. C’est pourquoi l’apôtre Jean commence par ces mots dans son évangile, Jean 1 : 1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Bereshit haiah ha-dabar ve-ha-dabar haiah et ha- Elohim (Jean 1:1). Si on traduit cela en hébreu et que l’on fait la somme de sa guématrie on obtient le même nombre que la guématrie du premier verset de la Genèse qui commence par le bereshit. Ce n’est pas un hasard, volontairement Jean lie les deux versets, car ils posent les fondements du Verbe pour l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. Puis l’apôtre Jean explique le fond de sa pensée au verset  14  « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père ». Le fils de Dieu est donc posé comme un fondement de la Parole, exactement comme on aurait posé la pierre de fondement du temple de Dieu. Yeshoua est donc le fils légitime de Dieu, car il est le yod du Yah formé à partir du Verbe, le nouvel Adam. Par le premier Adam une génération d'hommes a formé le tanakh qui est devenu la Parole de Dieu. Puis une fois celle-ci reconnue comme telle, elle est devenue chair dans le nouvel Adam Yeshoua. Sagesse de Dieu.