• Les 3 preuves que ISRAËL n'est pas rejeté

    Chapitre 11 de Paul au Romains
    L’apôtre donne trois preuves qu’Israël n’est pas rejeté.

    1° Il montre d’abord qu’il est lui-même un Israélite, qu’il y a un Résidu que Dieu a réservé comme dans les jours d’Élie, Résidu dont l’existence est une preuve de la faveur constante de l’Éternel et de l’intérêt qu’il porte à son peuple, même quand celui-ci est infidèle.
    Lorsque le plus fidèle et le plus énergique des enfants d’Israël ne savait trouver personne qui reconnût Dieu que lui-même, Dieu connaissait s sept mille hommes qui n’avaient pas fléchi le genou devant Baal.

    2° L’apôtre établit que l’appel des Gentils et leur substitution à Israël n’étaient pas un rejet définitif du peuple dans les conseils de Dieu, car Dieu avait appelé les Gentils pour provoquer Israël à la jalousie et non, par conséquent, dans le but de le rejeter.

    3° L’apôtre en appelle à ce fait que le Seigneur sortirait de Sion et détournerait les iniquités de Jacob.

    Ce que dit l’apôtre, ou plutôt le Saint Esprit, sur la fidélité de Dieu et ses voies envers Israël, demande à être examiné plus en détail.
    L’apôtre, en citant le cas d’Élie, montre que lorsqu’Israël était dans un tel état, qu’Élie même plaidait contre lui, Dieu n’avait cependant pas rejeté le peuple; il avait réservé pour lui-même sept mille hommes.
    C’était l’élection de la grâce souveraine. Il en était de même maintenant; mais s’il en était ainsi, le salut et la délivrance du Résidu étaient par grâce et non par les œuvres.
    L’élection a donc obtenu la bénédiction, et les autres ont été aveuglés; et c’est ce que les Écritures avaient annoncé: «Dieu leur a donné un esprit d’étourdissement, etc.» (v. 7-10).

    Avaient-ils donc bronché pour tomber? non: mais par leur chute, le salut est venu aux nations pour provoquer Israël à jalousie (v. 11): seconde preuve que ce n’était pas pour rejeter Israël finalement que Dieu avait permis qu’il bronchât.

    Or si leur diminution a été en bénédiction aux nations, quel ne sera pas le fruit de leur restauration?
    De plus, si les prémices sont saintes, la masse l’est aussi; si la racine est sainte, l’arbre l’est aussi.

    Or pour ce qui est de la chaîne continue de ceux qui jouissent des promesses dans ce monde, les nations n’étaient nullement la racine, mais Abraham était le tronc naturel et les branches, Israël.
    Mais voici ce qui était arrivé à ce franc olivier des promesses, dont Abraham, ainsi que nous l’avons vu, était la racine  (Dieu lui-même était la source de verdure et de fruit) et Israël le tronc et l’arbre: il y avait eu de mauvaises branches sur cet olivier; elles avaient été retranchées et «ceux des nations» avaient été entés à leur place.
    Ceux-ci jouissaient ainsi des richesses naturelles à l’arbre des promesses. Or c’est sur le principe de la foi que les Gentils avaient été greffés, ayant de leur nature fait partie auparavant de l’olivier sauvage.
    Les branches israélites les héritiers naturels des promesses avaient été en partie retranchées à cause de leur incrédulité, car, quand l’accomplissement des promesses leur avait été offert, les Juifs n’en avaient pas voulu: ils se reposaient sur leur propre justice et méprisaient la bonté de Dieu.

    Ainsi les Gentils, devenus participants des promesses, sont debout sur le principe de la foi; c’est ainsi qu’ils ont été greffés sur le franc olivier; mais s’ils abandonnent ce principe, ils perdront leur place dans l’arbre des promesses, comme les Juifs incrédules ont
    perdu la leur (v. 17-21).

    L’apôtre annonce, en peu de mots, le principe sur lequel est fondé le gouvernement de Dieu, savoir la bonté envers ceux qui avaient part à la
    jouissance de ses promesses, s’ils continuent dans cette bonté sinon le retranchement.

    Or le retranchement était arrivé, pour ce qui est des Juifs; et il en sera de même à l’égard des Gentils, s’ils ne continuent pas dans la bonté que Dieu a eue pour eux.
    Tel est le gouvernement de Dieu à l’égard de ce qui se présentait comme son arbre sur la terre. Mais il y a aussi un conseil positif de Dieu, accompli dans ce qui arrivait, savoir l’aveuglement partiel d’Israël (car Israël n’était pas rejeté) jusqu’à ce que tous les Gentils qui doivent avoir part aux bénédictions de ce temps-ci soient entrés: après cela Israël sera sauvé comme un tout.

    Ce qui arrivera dans ces jours-là ne sera pas des individus épargnés et ajoutés à l’Église, Israël n’y ayant aucune place comme peuple, mais Israël sera sauvé comme un tout, comme Israël. Christ sortira de Sion comme du siège de sa puissance et détournera l’iniquité de Jacob; Dieu pardonnera à Israël ses péchés.

    C’est ici la troisième preuve qu’Israël n’est pas rejeté; car tout en étant ennemis à l’égard de l’Évangile pour le temps présent, les Israélites sont bien-aimés à cause des pères, car ce que Dieu a une fois choisi et appelé, il ne le rejette plus; Dieu ne se repent pas de ses conseils, ni de l’appel qui donne à ces conseils leur effet. Mais si le conseil de Dieu demeure immuable, la manière dont il s’accomplit, fait ressortir la sagesse merveilleuse de Dieu. Les Gentils sont restés longtemps dans la désobéissance de l’incrédulité;  Dieu intervient en grâce; les Juifs s’opposent à ce que la grâce agisse; ils perdent tout droit aux promesses par leur incrédulité, de sorte que, comme un pauvre Gentil, ils doivent recevoir l’effet de la promesse sur le pied de la pure miséricorde et de la souveraine grâce de Dieu 1. Dieu avait renfermé tous les hommes, Juifs et Gentils, dans l’incrédulité, afin qu’il pût être fait miséricorde à tous.
    C’est pour cela que l’apôtre s’écrie: «Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu!» Les promesses sont accomplies et la prétention à une justice de l’homme anéantie; les Juifs qui ont tout perdu, recouvrent tout sur le vrai fondement de la bonté de Dieu; une apparente perte de tout n’est que le moyen de leur faire tout recevoir de la grâce souveraine, au lieu qu’ils en jouissent en vertu de la justice humaine. Tout est grâce; Dieu, toutefois, reste toujours fidèle malgré l’infidélité de l’homme: l’homme est béni, le Juif reçoit l’effet de la promesse; mais l’un et l’autre doivent attribuer à la pure miséricorde de Dieu leur jouissance de la bénédiction. Il ne s’agit nullement de l’Église ici, mais de l’arbre de la promesse et de ceux qui, en vertu de leur position, ont successivement part à la jouissance des promesses sur la terre. Les Juifs incrédules n’ont jamais été retranchés de l’Église; ils n’en avaient jamais été. Ils avaient été dans la position d’héritiers naturels du droit aux promesses; mais l’Église n’est pas l’olivier franc auquel, selon la nature, appartiennent des Juifs, en sorte que les Juifs y soient greffés de nouveau selon les versets 23, 24.

    Rien de plus clair que ceci: depuis Abraham la chaîne des ayants droit aux promesses était Israël. Ensuite, dit l’apôtre, quelques-unes des branches de l’olivier franc ont été retranchées, mais l’arbre des promesses demeure sur la terre;
    les Gentils y sont greffés en lieu et place des Juifs. Les Gentils devenant aussi infidèles le cas est supposé ils seront retranchés à leur tour, et les Juifs seront réintégrés dans l’ancien olivier, selon les promesses, et pour en jouir, mais par pure miséricorde.

    Évidemment ce n’est pas par l’Évangile qu’ils reçoivent la bénédiction, car, «en ce qui concerne l’Évangile, ils sont ennemis à cause de vous (Gentils); mais, en ce qui concerne l’élection, ils sont bien-aimés, à cause des pères» (v. 28).
    Il faut traduire le verset 31: «De même ceux-ci aussi (les Juifs) ont été maintenant désobéissants à votre miséricorde, afin qu’eux aussi deviennent des objets de miséricorde». Votre miséricorde, c’est la grâce en Christ qui s’étendait aux Gentils. Ainsi les Juifs étaient des objets de miséricorde, ayant perdu tout droit à jouir de l’effet de la promesse. Dieu ne voulait pas manquer de l’accomplir; il leur en fera part, en miséricorde, à la fin, quand il aura admis la plénitude des Gentils.

    Remarquez en outre un principe important: La jouissance des privilèges, en vertu de notre position, nous en rend responsables, sans qu’individuellement l’on soit né de nouveau. Les branches juives étaient sur l’arbre des promesses, et elles ont été retranchées il en sera de même des Gentils. Il n’est pas question de vie ou de réalité, mais les Gentils sont dans le lieu de la bénédiction, participants de la racine et de la graisse de l’olivier, étant entés sur lui.
    Ces communications des pensées de Dieu à l’égard du rejet temporaire et partiel d’Israël et de sa réintégration dans la jouissance des promesses, terminent cette partie de notre Épître, savoir celle dans laquelle l’apôtre concilie la grâce souveraine faite aux pécheurs (et qui les place tous sur le même niveau dans la commune ruine due au péché) avec les privilèges particuliers du peuple d’Israël, basés sur la fidélité de Dieu. Les Juifs avaient perdu tout droit: Dieu accomplira ses promesses en grâce et par miséricorde.

    Source: http://messianique.forumpro.fr/t5069-les-3-preuves-que-israel-n-est-pas-rejete