• Théologie de remplacement

    Son origine, son histoire et sa théologie par Derek C. White
    « Or, si les prémices sont saintes, la masse l’est aussi ; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi. Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui étais un olivier sauvage, tu as été greffé parmi eux, et rendu participant de la racine nourricière de l’olivier, ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte. Tu diras donc : Les branches ont été retranchées afin que moi je sois greffé.

    Cela est vrai ; elles ont été retranchées pour cause d’incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains ; car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus.
    Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté ; autrement, tu seras aussi retranché. Eux de même, s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité, ils seront greffés ; car Dieu est puissant pour les greffer de nouveau.

    Si toi, tu as été coupé de l’olivier sauvage selon sa nature et greffé contrairement à ta nature sur l’olivier franc, à plus forte raison eux seront-ils greffés selon leur nature sur leur propre olivier. Car je ne veux pas frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages : une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu’il est écrit : « Le libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob les impiétés : et ce sera mon alliance avec eux, lorsque j’ôterai leurs péchés.»
    En ce qui concerne l’Evangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l’élection, ils sont aimés à cause de leurs pères. Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables. »
    (Romains 11v16-29)

    SÉPARATION ET PERTE

    Une des plus grandes tragédies qui soit survenue à l’Eglise fut sa séparation de ses racines juives, rupture qui fut la cause de nombreuses hérésies, du système monastique et de déviations de la vérité biblique et du style de vie biblique.

    La descente de l’Eglise occidentale dans le Moyen-âge ténébreux – période de ténèbres intellectuelles et spirituelles en Europe s’étendant du 5ème au 15ème siècle - a été presque certainement le résultat de cette séparation, … Cela est utile d’expliquer un peu la nature de la perte subie par l’Eglise au travers de sa séparation de ses origines hébraïques.

    Selon la pensée hébraïque, tout est théologique, c'est-à-dire que les Hébreux ne font aucune différence entre les domaines sacrés et séculiers de la vie. Ils considèrent tous les aspects de la vie comme un tout. Tout est du ressort de Dieu. Il a une part dans tout ce qui se passe, que ce soit des épreuves ou des joies. Et les êtres humains ont une conscience de Dieu dans tout ce qu’ils font. Le psalmiste parle clairement de cet aspect de la pensée hébraïque :
    « J’ai constamment l’Eternel sous mes yeux. » (Ps 16v8) Ceci est aussi enseigné dans le Proverbe : « Reconnais-le dans toutes tes voies et Il aplanira tes sentiers.
    »(Prov.3v6)

    Ainsi, Dieu est considéré comme contrôlant à la fois la fécondité (Gen. 30v22) et la stérilité (1 Sam. 1v5-6). Le livre de Ruth donne des exemples concrets de cet enseignement déclarant que « …l’Eternel avait visité son peuple et lui avait donné du pain. » (Ruth 1v6) (En référence à l’aide apportée lors d’une famine qui avait ravagé la ville de Bethlehem
    et le pays de Juda.) Naomi dit à ses belles-filles : « Le Tout-Puissant m’a rempli d’amertume. » (Ruth 1v21) en référence à la disparition récente de son époux et de ses deux fils en Moab.
    Ainsi donc, selon la pensée hébraïque, toutes les circonstances de la vie – bonnes ou mauvaises, n’arrivent pas par hasard, mais sont sous le contrôle souverain du Tout-puissant Dieu. Ce n’est pas l’expression d’un fatalisme, mais la reconnaissance de la souveraineté de Dieu.
    Très tôt, l’Eglise a malheureusement mis l’accent sur la distinction entre les domaines sacrés et séculiers de la vie, au travers des mouvements monastiques des cloîtres et des couvents. Nous verrons plus tard comment cela est apparu. W.D. Davies a donné un résumé des implications historiques de cette perte dans le contexte de la séparation de l’Eglise d’avec la Synagogue. Une double moralité est apparue : une moralité plus élevée pour une vie hors du monde et une moralité plus basse pour une vie dans le monde. L’affirmation selon laquelle tous les aspects de la vie étaient sacrés et qui caractérisait la synagogue, fut ignorée. Le monde chrétien se divisa en deux : personnes civiles et personnes religieuses, institutions séculières et sacrées ; les personnes et les choses saintes étant placées au-dessus des choses non saintes.
    L’entièreté de la vie sur laquelle le Judaïsme mettait l’accent, fut perdu. Le Protestantisme n’échappa pas à ce dualisme « sacré-séculier ». Le divorce de la religion avec la vie fit partie du prix payé pour avoir négligé la Synagogue. Ceci demeure vrai malgré la séparation qui existe dans le Judaïsme entre les choses pures et impures et la séparation du monde qu’implique l’observation de la loi ; au travers de toutes ces « séparations » le Judaïsme essayait de prendre au sérieux l’application de la Loi, à savoir la volonté de Dieu, pour la vie dans son ensemble.

    Un exemple de cela a récemment été mentionné dans la revue d’une paroisse de campagne, ainsi il est noté :
    « Le Doyen Alford de Canterbury n’était pas populaire parmi ses concitoyens victoriens parce qu’il aida à remettre en place des cultes de « moisson » dont s’étaient débarrassés les Réformés et que les Puritains avaient tenté de garder bien enterrés.
    En général, les ecclésiastiques de l’époque victorienne étaient opposés à ce type de culte parce que le séculier et le sacré devaient être maintenus à bonne distance l’un de l’autre.

    Dieu n’a jamais eu l’intention que l’Eglise, à savoir le corps des croyants en Jésus historiquement dominé par les Gentils, ou non-Juifs, quasiment depuis le début, soit séparée des ses racines juives. L’Eglise Primitive était évidemment entièrement juive et tous ses premiers représentants étaient juifs (ceci a été spécifiquement mentionné par Eusébius), jusqu’en 135 AP. JC au moment où des non-Juifs sont devenus évêques de Jérusalem.

    Sconfield relate que jusqu’à la 2ème révolte juive en 133 AP. JC, treize évêques juifs chrétiens de Jérusalem sont mentionnés.
    Il a été estimé que près de 20% de la population de l’Israël du premier siècle a pu accepter Jésus comme le Messie ! 3000 vinrent au Seigneur à la fête de Shavuot ou Pentecôte (Actes 2v4). Peu de temps après, quelques 5000 hommes juifs (sans compter les femmes et les enfants) devinrent croyants (Actes 4 v4). Plus tard, le récit indique qu’une « grande foule de sacrificateurs obéissaient à la foi ». (Actes 6v7) Il est possible que ces responsables aient mis en corrélation le moment de la mort de Yeshoua avec précisément le moment où le voile du temple s’est déchiré du haut vers le bas.
    Environ 25 ans plus tard, lorsque Paul revint de son 3ème voyage missionnaire, il rencontra les anciens de l’Eglise de Jésus qui soulignèrent que le nombre de croyants avait atteint des dizaines de milliers. « Quand ils l’eurent entendu, ils glorifièrent Dieu puis ils lui dirent : Tu vois, frère, combien de milliers de Juifs ont cru et tous zélés pour la loi. » (Actes 21v20) Le mot grec « murias » utilisé ici signifie « une dizaine de milliers, une myriade ou nombre indéfini, une multitude innombrable, un nombre illimité. » C’est dans ce sens que ce mot est traduit ailleurs dans le Nouveau Testament. Cela implique donc un grand nombre de croyants en Yeshoua, qui étaient tous des Juifs religieux.

    L’image biblique du plan de Dieu pour l’Eglise est donnée dans Romains 11v16-26 et utilise l’image d’un olivier. L’olivier représente Israël et ses racines représentent les patriarches – Abraham, Isaac et Jacob. De cette racine est issu le peuple juif. Pendant ce temps là, les Gentils étaient un olivier sauvage, privés de ces racines riches et à qui le fermier n’avait pas donné une attention spéciale et qui pour une grande partie ne portait pas de fruits. (Eph.2v12) Les croyants juifs dans le Messie constituent une continuité vraie et vivante de cet olivier.
    Comme la majorité du peuple juif n’a pas cru, ils ont été retranchés de l’olivier et les Gentils croyants (issus de l’olivier sauvage) ont été greffés sur la racine d’Israël au travers de leur foi dans le Messie. (Eph. 2v13) La sève qui donne la vie et qui nourrit les branches sauvages (l’Eglise des gentils) coule depuis la racine et le tronc d’Israël (Rom. 11v17-18). Ainsi, plutôt que de remplacer Israël, l’Eglise des Gentils est greffée dans Israël. Les branches retranchées peuvent encore être regreffées par la foi – tel que cela se passe actuellement et se passera de façon croissante jusqu’à ce que tout Israël soit sauvé.
    (Rom. 11v23)

    Il n’y a qu’un olivier cultivé et il n’y a qu’ un Israël, pas deux. L’Eglise des Gentils n’est pas un nouvel Israël, mais elle a été incluse dans la communauté d’Israël. (Eph. 2v12) Ainsi les Juifs non sauvés (l’Israël naturel retranché), les Juifs sauvés (branches naturelles attachées à l’arbre) et les croyants gentils (branches sauvages greffées), chacun participe pour sa part à cet Israël unique. Dieu n’a jamais dit qu’Il en avait fini avec le vieil arbre. Il n’a pas brisé son alliance avec Israël. Il déclare que le reniement par l’Eglise des Gentils de sa connexion avec Israël et de ses racines juives, est une arrogance
    qui mérite Son jugement. (Rom. 11v20-22)


    Par Chrétiens amis d'Israël

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